En bref :
Le gin, c’est bien plus que cette bouteille verte qu’on mélange au tonic. Il existe des dizaines de styles, des centaines de botaniques, et le choix de ta bouteille change radicalement le résultat dans ton verre. Ce guide t’aide à comprendre les différences et à choisir le bon gin selon ce que tu veux en faire.
Le gin, ça vient d’où ?
Le gin est né aux Pays-Bas au XVIIe siècle sous le nom de genièvre — un alcool de grain infusé aux baies de genévrier, utilisé comme remède médicinal. Les soldats anglais l’ont découvert pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans et l’ont ramené à Londres, où il est devenu une obsession nationale.
La « Gin Craze » du XVIIIe siècle à Londres, c’était l’équivalent d’une épidémie. Le gin coulait littéralement dans les rues — on estime que les Londoniens en consommaient 10 litres par personne et par an. Il a fallu plusieurs lois pour calmer le jeu. Si cette histoire te passionne, l’histoire des cocktails retrace ce parcours fascinant.

Les botaniques : l’ADN du gin
Ce qui distingue le gin des autres spiritueux, ce sont les botaniques — les plantes, épices, fruits et racines qui lui donnent son caractère. Le seul ingrédient obligatoire : les baies de genévrier. Tout le reste, c’est la signature du distillateur.
Les botaniques essentielles du gin
Genièvre — La base
Notes résineuses, boisées, légèrement fruitées. C’est le genièvre qui fait qu’un gin est un gin. Sans lui, tu as juste de la vodka aromatisée.
Coriandre — La structure
Apporte des notes citronnées et épicées. Présente dans quasiment tous les gins, elle donne de la profondeur et de la complexité.
Agrumes — La fraîcheur
Zestes de citron, orange, pamplemousse. Apportent légèreté et vivacité. Plus présents dans les gins modernes.
Racine d’angélique — Le liant
Rôle discret mais crucial : elle lie les autres saveurs entre elles. C’est le chef d’orchestre invisible.
Les 5 grands types de gin
| Type | Profil | Degré | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| London Dry | Sec, genièvre prononcé, net | 37.5-47% | Negroni, Gin Tonic |
| Old Tom | Légèrement sucré, rond | 40-47% | Tom Collins, Martinez |
| Navy Strength | Puissant, intense, complexe | 57%+ | Negroni costaud, Gimlet |
| New Western | Floral, fruité, genièvre discret | 40-46% | Gin Tonic premium, sipping |
| Genièvre | Malté, riche, ancestral | 35-50% | Pur, ou cocktails hollandais |
Le London Dry, c’est le standard. Quand une recette dit « gin » sans préciser, c’est un London Dry qu’il te faut. Beefeater, Tanqueray, Bombay Sapphire — ce sont les valeurs sûres. Le Negroni en est la meilleure démonstration.
Le New Western, c’est la révolution des 15 dernières années. Hendrick’s (concombre, rose), Monkey 47 (47 botaniques), The Botanist (22 plantes sauvages d’Islay). Le genièvre passe au second plan pour laisser les autres botaniques briller.

Mon top 5 des gins à avoir
La collection de base
- Beefeater London Dry (~15€) — Le rapport qualité-prix imbattable. Genièvre prononcé, agrumes nets. Parfait pour les cocktails classiques.
- Tanqueray Ten (~30€) — Un cran au-dessus. Distillé avec des agrumes frais entiers. Le meilleur Gin Tonic que tu feras.
- Monkey 47 (~35€) — 47 botaniques de la Forêt-Noire. Incroyablement complexe, chaque gorgée révèle quelque chose de nouveau.
- Plymouth Gin (~25€) — Plus doux qu’un London Dry, légèrement terreux. Le gin des bartenders old-school.
- Nikka Coffey Gin (~40€) — Le gin japonais par excellence. Yuzu, sansho, agrumes asiatiques. Complètement différent.
Quel gin pour quel cocktail ?
Le choix du gin dépend de ce que tu veux en faire. Un London Dry classique (Beefeater, Tanqueray) est parfait pour un Negroni — ses notes de genièvre tiennent tête au Campari. Pour un Gin Tonic aromatique, pars sur un New Western type Hendrick’s.
Pour les cocktails shakés, ton gin doit avoir du caractère. Un Navy Strength ne se dilue pas dans le shaker — il garde sa puissance. Consulte mon guide shaker ou cuillère pour savoir quelle technique adopter.
Le gin, c’est le spiritueux le plus créatif qui existe. Chaque distillateur peut créer quelque chose de radicalement différent avec les mêmes baies de genévrier.
Comment déguster un gin pur
Avant de le noyer dans du tonic, goûte ton gin pur. Verse 2 cl dans un verre tulipe, ajoute quelques gouttes d’eau pour ouvrir les arômes. Sens d’abord, puis goûte en laissant le liquide couvrir toute ta langue. Tu vas découvrir des saveurs que le tonic masque complètement.
Le bon équipement aide aussi. Un kit débutant cocktail avec un jigger précis et de bons verres change l’expérience. Et pour comparer avec un autre grand spiritueux, le guide du rhum t’attend.
Questions fréquentes sur le gin
Quelle est la différence entre gin et vodka ?
La base est similaire — un alcool de grain neutre. La différence : le gin est infusé avec des botaniques (genièvre obligatoire), ce qui lui donne sa complexité aromatique. La vodka reste neutre par design.
Le gin se périme ?
Non, le gin ne se périme pas grâce à son degré d’alcool. Mais une bouteille ouverte perd ses arômes — les botaniques s’oxydent. Finis une bouteille ouverte dans l’année.
Faut-il mettre le gin au congélateur ?
Pour un Gin Tonic, ça passe. Mais pour la dégustation ou les cocktails, non. Le froid anesthésie les botaniques et tu perds toute la complexité. Température ambiante, toujours.
C’est quoi un gin français ?
La France produit d’excellents gins artisanaux. Citadelle (Cognac), G’Vine (raisin), Normindie (pomme). Ils utilisent des botaniques locales et rivalisent avec les meilleurs gins britanniques.